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Qu’est-ce que l’EBITDA ?

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L’Ebitda est un indicateur financier qui nous provient des États-Unis. Les analystes et les dirigeants d’entreprise l’utilisent pour d’éventuelles comparaisons entre sociétés. Mais, il s’agit également d’une excellente métrique pour évaluer la capacité de remboursement d’un financement ultérieur. 

 

Cet indicateur possède également d’autres utilités que vous allez découvrir dans cet article. Découvrez également l’ebitda définition, ses principales variantes, les méthodes de calcul, ses nuances avec les autres indicateurs similaires ainsi que ses éventuelles limites.

 

 

Sommaire :

 

1. L’EBITDA : c’est quoi ? Définition

2. Les composantes de l’EBITDA

  • a. Les bénéfices
  • b. Les frais d’intérêts
  • c. Les impôts et les taxes
  • d. Les amortissements et la dépréciation

3. Comprendre l’utilité de l’EBITDA

  • a. Utilité pour les entrepreneurs et les dirigeants d’entreprise
  • b. Utilité pour les investisseurs
  • c. Utilité pour les institutions bancaires

4. Quelles sont les méthodes de calcul de l’EBITDA ?

  • a. La méthode additive
  • b. La méthode soustractive

5. Analyse de l’EBITDA positif ou négatif

  • a. Que signifie un EBITDA positif ?
  • b. Que signifie un EBITDA négatif ?

6. La marge d’EBITDA

  • a. Définition et utilité de la marge d’EBITDA
  • b. Comment calculer la marge d’EBITDA ?

7. Les variantes de l’EBITDA

  • a. L’EBITDAX
  • b. L’EBITDAR
  • c. L’EBITDAL

8. Quelle est la différence entre l’EBE et l’EBITDA ?

  • a. Qu’est-ce que l’Excédent Brut d’Exploitation ?
  • b. Quand calcule-t-on l’EBE ?
  • c. EBE et EBITDA : les principales nuances
  • d. Comment calcule-t-on l’EBE ?

9. Quelle est la différence entre l’EBIT et l’EBITDA ?

  • a. Qu’est-ce que l’EBIT ?
  • b. EBIT et EBITDA : les principales nuances
  • c. Comment calcule-t-on l’EBIT ?

10. Les limites de l’EBITDA

11. Qu’est-ce que l’EBITDA ajusté ?

12. Pour conclure

 

 

 

1. L’EBITDA : c’est quoi ? Définition

 

Le sigle EBITDA signifie Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization. C’est un indicateur financier américain qui signifie Bénéfice Avant Intérêts, Impôts et Amortissements en français. Il est également connu sous l’abréviation BAIIA. Toutefois, le sigle EBITDA est beaucoup plus utilisé que BAIIA dans le cadre de la communication financière des entreprises françaises.

 

L’EBITDA sert à mesurer la rentabilité financière du cycle d’exploitation d’une entreprise. Il est largement utilisé dans le domaine de la gestion des entreprises américaines. Il s’agit de l’équivalent de l’Excédent Brut d’Exploitation, ou EBE en abrégé, pour la comptabilité en France.

 

Cet indicateur correspond aux revenus d’une entreprise avant la soustraction des intérêts, des impôts, des dotations aux amortissements et des provisions sur immobilisations. Il met alors en évidence la création de richesse de l’entreprise sans prendre en considération les différences de traitement comptables. De ce fait, le calcul ebitda permet de comparer la création de richesse d’une entreprise par rapport à celle des autres entreprises se trouvant dans un même secteur d’activités.

 

Toutefois, il faut savoir que l’EBITDA n’est régi par aucune normalisation. Même si cet indicateur est considéré comme un bon outil pour déterminer les performances d’une entreprise, il ne possède pas de valeur universelle. Il n’est pas défini de manière formelle par les normes IFRS et les normes comptables nationales.

 

 

2. Les composantes de l’EBITDA

 

L’EBITDA intègre quatre composantes, en l’occurrence :

  • les bénéfices ;
  • les frais d’intérêts ;
  • les impôts et les taxes ;
  • les amortissements et la dépréciation.

 

Afin de mieux comprendre la notion d’Ebitda, il convient de décortiquer ces principales composantes.

 

 

Les bénéfices

D’abord, les bénéfices sont les revenus que l’entreprise rapporte sur une période donnée, soit l’ensemble des revenus obtenus par l’entreprise durant l’intervalle de temps donné. Pour obtenir cette composante, il faut soustraire les frais d’exploitation du revenu total de l’entreprise.

 

 

Les frais d’intérêts

Les intérêts correspondent au coût du service de la dette. Ces frais d’intérêts sont généralement des dépenses. En effet, ce sont les frais que l’entreprise paie au créancier dans le cadre d’un emprunt. 

 

Les paiements se font mensuellement ou selon un intervalle préalablement défini. Parfois, ce sont aussi des intérêts perçus, tel le cas des intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs.

 

Dans tous les cas, les coûts associés aux intérêts ne sont pas déduits des revenus lorsqu’on calcule l’EBITDA. En effet, ces charges dépendent de la stratégie financière de l’entreprise. Elles n’ont aucun impact direct sur les activités de la société.

 

 

Les impôts et les taxes

Les charges fiscales sont les montants liés aux impôts et aux taxes que l’entreprise doit verser à l’État. Elles comprennent différentes catégories d’impositions. Ce sont généralement l’impôt sur les bénéfices (impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu), la taxe sur la valeur ajoutée (ou TVA) et la contribution économique territoriale (ou CET).

 

Ces charges d’impôts et de taxes sont exclues du calcul d’EBITDA parce qu’elles varient en fonction de différents facteurs extérieurs. Ils ne fournissent aucune information sur la rentabilité des processus de l’entreprise. Rappelons toujours que l’EBITDA mesure le bénéfice avant impôts d’une entreprise. Ce bénéfice est aussi connu sous le terme « bénéfice d’exploitation ».

 

 

Les amortissements et la dépréciation

Enfin, la dépréciation représente la perte de valeur des actifs corporels résultant généralement de l’utilisation dans le temps. Mais, elle peut être aussi causée par les facteurs techniques, en l’occurrence le développement technologique menant à la diminution de la valeur des anciens matériels. L’évolution des besoins des clients peut également être à l’origine de la dépréciation de la valeur d’un actif immobilisé.

 

Les immobilisations corporelles concernées sont généralement : 

  • les matériels de transport ;
  • les mobiliers, 
  • les machines ;
  • les installations ;
  • les outillages industriels…

 

Quant à la charge d’amortissement, elle est liée à l’expiration éventuelle d’actifs incorporels. Sont inclus dans cette catégorie les brevets d’invention, les licences ou encore les logiciels. Pour le calcul de l’EBITDA, les amortissements et la dépréciation viennent s’ajouter au bénéfice d’exploitation.

 

 

3. Comprendre l’utilité de l’EBITDA

 

L’EBITDA constitue un des nombreux paramètres utilisés dans le cadre de l’évaluation des performances financières d’une entreprise. De nombreux acteurs ont recours à cet indicateur à différentes étapes du cycle de vie d’une entreprise.

 

 

Utilité pour les entrepreneurs et les dirigeants d’entreprise

L’Ebitda mesure avec précision la qualité d’exploitation d’une entreprise. C’est un indicateur fort apprécié des dirigeants d’entreprise. En effet, il leur permet de déterminer le positionnement de leurs entreprises dans leur domaine d’activité. 

 

Il est d’autant plus apprécié du fait qu’il permet de déterminer la rentabilité du cycle d’exploitation d’une entreprise sans considérer les conditions de financement, la politique d’investissement de l’entreprise ou encore les obligations fiscales. Il fournit également des informations sur les flux de trésorerie et aide à mieux gérer les charges d’exploitation.

 

Cet indicateur est également largement sollicité afin de déterminer le prix de cession dans le cadre d’une cession d’entreprise. Le multiple d’EBITDA constitue un outil privilégié pour estimer le retour sur investissement. Ce sont surtout les repreneurs qui accordent beaucoup plus d’importance à ce multiple dans le processus de transmission, de fusion, de division ou d’acquisition d’une entreprise. Ensuite, la valorisation de la société diffère en fonction du secteur d’activité et de la valeur de l’EBITDA.

 

 

Utilité pour les investisseurs

Cet indicateur est utilisé par les investisseurs comme outil permettant de comparer les performances de différentes entreprises dans un même secteur, dans le but d’affiner leurs choix d’investissement. Comme l’EBITDA est calculé avant les amortissements et les provisions, il devient un indicateur adapté pour assurer une meilleure comparabilité entre plusieurs entreprises. 

 

En effet, les taux d’imposition varient en fonction de l’État ou de la région économique. Deux entreprises différentes peuvent alors ne pas dégager le même bénéfice même si elles ont le même chiffre d’affaires. D’où l’efficacité de l’indicateur EBITDA qui est calculé indépendamment des impôts et de toute autre variable correspondant aux contraintes fiscales. 

 

D’ailleurs, Bancel et Mitto dénotent en 2014, à travers une étude réalisée sur 356 en évaluation d’entreprise, que 83 % d’entre elles font appel au multiple de valeur d’entreprise sur EBITDA. L’usage de l’ebitda calcul est d’autant plus avantageux pour la comparaison de deux entreprises de tailles différentes, ayant des charges fiscales et d’endettement différentes.

 

 

Utilité pour les institutions bancaires

De nombreuses banques s’appuient sur l’EBITDA afin d’évaluer la capacité de remboursement d’une entreprise en phase de création. Pour ce faire, les spécialistes ont recours au ratio Dette/EBITDA. 

 

Des difficultés de remboursement peuvent faire surface si l’endettement est très élevé ou si la valeur de l’EBITDA est moindre. Le ratio Dette/EBITDA est excellent lorsqu’il est inférieur à 2,5. Il reste acceptable si la valeur trouvée est inférieure à 3. Au-delà de ce seuil, le ratio est jugé mauvais.

 

 

4. Quelles sont les méthodes de calcul de l’EBITDA ?

 

Un grand nombre d’entreprises incluent dans leurs calculs comptables celui de l’EBITDA. Or, il faut préciser qu’il n’existe pas de méthode de calcul clairement définie pour dégager l’EBITDA d’une entreprise.

 

Toutefois, l’EBITDA se calcule pour une période bien définie. Cette dernière est généralement l’exercice social de l’entreprise. Mais, elle peut varier en fonction des objectifs des calculs. 

 

Aussi, les périodes de calcul peuvent être mensuelles ou trimestrielles. Il se peut également qu’elle ne soit pas soumise à une périodicité.

 

L’indicateur est calculé à partir des données provenant du compte de résultat. Aussi, le calcul de cet indicateur est réalisé annuellement à la clôture de l’exercice comptable. Mais, il est également possible d’utiliser cet indicateur dans le cadre de la réalisation des prévisions financières d’un business plan lors de la création d’une entreprise.

 

Il existe deux méthodes différentes permettant de calculer l’EBITDA, en l’occurrence :

  • La méthode additive
  • La méthode soustractive

 

Il est à noter que les résultats obtenus à partir de ces deux formules restent identiques.

 

 

La méthode additive

La méthode additive se base sur le résultat net comptable. Elle fait appel à la formule suivante :

EBITDA = Résultat net comptable + charges d’intérêts + charges d’impôts et taxes + dotations aux amortissements et provisions

 

 

La méthode soustractive

Cette méthode de calcul tient compte du chiffre d’affaires de l’entreprise. La formule à utiliser est :

EBITDA = CA hors taxes – achats – charges externes – charges de personnel – autres charges

 

Voici un exemple adoptant la méthode de calcul basée sur le chiffre d’affaires :

  • Chiffre d’affaires : 3 000 000 €
  • Achats : 500 000 €
  • Charges externes : 25 000 €
  • Charges de personnel : 20 000 €
  • Autres charges d’exploitation : 20 000 €

 

L’EBITDA est de 3 500 000 € - 500 000 € - 25 000 € - 20 000 € - 20 000 € = 2 935 000 €.

 

 

5. Analyse de l’EBITDA positif ou négatif

 

L’interprétation de l’EBITDA dépend du résultat des calculs. La valeur trouvée peut être positive ou négative.

 

 

Que signifie un EBITDA positif ?

Un EBITDA positif indique qu’une entreprise est rentable. En d’autres mots, le processus de production de cette entreprise lui a permis de créer de la valeur. Il faut comprendre qu’un EBITDA supérieur à zéro ne signifie pas que l’ensemble du modèle économique est rentable. Il démontre seulement la rentabilité du processus opérationnel de l’entreprise.

 

 

Que signifie un EBITDA négatif ?

Un EBITDA négatif montre un cycle d’exploitation à perte. Cela signifie que l’entreprise n’est aucunement rentable. Aussi, un EBITDA inférieur à zéro ne présage rien de bon pour une entreprise. 

 

Un tel résultat n’est pas apprécié par les financeurs. En effet, même si une bonne politique d’investissement et de financement est mise en place, l’entreprise ne sera pas pérenne et aucune création de valeur n’aura lieu à la fin du cycle d’exploitation. En effet, l’exploitation de l’entreprise ne sera pas capable d’absorber toutes les charges qu’elle implique.

 

 

6. La marge d’EBITDA

 

Le calcul de l’EBITDA aide également à faire ressortir d’autres ratios pertinents comme la marge d’EBITDA. Quel est vraiment l’intérêt de la marge d’EBITDA et quelle formule utilise-t-on pour calculer ce ratio ?

 

 

Définition et utilité de la marge d’EBITDA

La marge d’EBITDA constitue un ratio financier qui mesure la part de l’EBITDA sur le chiffre d’affaires total. Elle permet d’analyser l’impact proportionnel des coûts d’exploitation sur les recettes générées à partir de l’activité opérationnelle. Plus précisément, elle fournit des informations sur la rentabilité de l’entreprise dans les activités commerciales réalisées. Elle renseigne la trésorerie d’exploitation générée pour chaque dollar de chiffre d’affaires obtenu.

 

Cet indicateur doit toujours être maintenu à un niveau aussi élevé que possible. Cela démontre que les coûts d’exploitation sont faibles par rapport au chiffre d’affaires. Ces coûts correspondent aux frais de fabrication, de distribution et de gestion. 

 

Aussi, il est important de suivre de près la marge d’EBITDA afin de réduire ces différents coûts. En effectuant des économies sur la fabrication ou la gestion, la marge ne pourra que s’améliorer.

 

Cette marge d’ebitda constitue également un outil indispensable servant de référence pour des comparaisons sectorielles. Les différents secteurs d’activité possèdent des marges d’EBITDA qui leur sont spécifiques. Aussi, il devient plus facile d’évaluer la rentabilité de son entreprise en se basant sur ces marges.

 

 

Comment calculer la marge d’EBITDA ?

La marge d’EBITDA est calculée suivant cette formule :

Taux de marge d’EBITDA = (EBITDA / CA) x 100.

 

Il faut utiliser le chiffre d’affaires total annuel pour ce type de calcul. Ce dernier prend en compte alors des recettes générées grâce à la vente de marchandises et des prestations. En effet, ces recettes sont intégrées dans le calcul de l’EBITDA. Il en est de même pour les dépenses suivantes :

  • les coûts des matériaux ;
  • les charges liées à la fabrication, à la location et à l’énergie ;
  • les coûts relatifs à la distribution et à la gestion…

 

Plus la valeur de l’EBITDA est élevée par rapport au chiffre d’affaires, plus la marge d’EBITDA sera également élevée. Cela montre que les dépenses d’exploitation prises en compte sont faibles par rapport au chiffre d’affaires total.

 

 

7. Les variantes de l’EBITDA

 

L’Ebitda se décline en plusieurs variantes qui se rapportent à des secteurs d’activités bien spécifiques. Il est possible de les rencontrer dans les différents calculs financiers.

 

 

L’EBITDAX

Le sigle EBITDAX signifie Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, Amortization and Exploration Expenses. Il se traduit par Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation, amortissement et coûts d’exploration en français. Cet indicateur est propre aux entreprises minières et pétrolières.

 

Il se calcule suivant cette formule :

EBITDAR = Résultat net + Impôts + Charges exceptionnelles + Intérêts + Dépréciation et Amortissement + Coûts d’exploration.

 

Ces coûts d’exploration incluent tous les coûts relatifs à la recherche de minerais, de pétrole et de gaz. Toutefois, ils comprennent également les frais liés à la localisation des zones de forage ainsi qu’à la réalisation du forage.

 

 

L’EBITDAR

Le sigle EBITDAR signifie Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, Amortization and Rents. Il s’agit d’un indicateur permettant d’évaluer la rentabilité opérationnelle en ôtant les coûts relatifs au loyer. Ces charges peuvent être vraiment élevées pour certaines entreprises. 

 

De ce fait, elles impactent sur la précision des analyses faites sur l’exploitation. Cet indicateur permet alors de mettre en évidence une évaluation plus précise sur la rentabilité de l’entreprise. 

 

Cette métrique est prise en compte dans différents secteurs, notamment dans le domaine de la restauration, de l’aviation ou encore dans le milieu hospitalier.

 

Elle se calcule selon la formule suivante :

EBITDAR = Résultat net + Impôts + Charges exceptionnelles + Intérêts + Dépréciation et Amortissement + Coûts des loyers.

 

Par ailleurs, la dernière lettre d’EBITDAR peut également se rapporter au terme « Restructuring ». Ce dernier signifie « restructuration » en français. Dans ce cas, EBITDAR devient un indicateur permettant d’analyser la performance opérationnelle d’une entreprise ayant fait l’objet d’une restructuration. La réorganisation d’une entreprise génère des frais plus ou moins conséquents en fonction de l’entreprise ou de l’envergure du projet de restructuration. 

 

Aussi, l’EBITDAR offre une possibilité d’analyse indépendamment de ces charges.

 

 

L’EBITDAL

Le sigle EBITDAL signifie Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, Amortization and Special Losses. En français, il s’agit du Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation, amortissement et pertes spéciales. La dernière composante de l’EBITDAL se réfère aux pertes financières exceptionnelles. 

 

Différentes situations peuvent mener à ces pertes d’actifs ou pertes comptables. Une catastrophe naturelle, un incendie involontaire ou encore un mauvais choix d’investissement peuvent être à l’origine de ces « spécial losses ».

 

Voici la formule permettant d’obtenir cet indicateur :

EBITDAL = Résultat net + Impôts + Charges exceptionnelles + Intérêts + Dépréciation et Amortissement + Coûts liés aux pertes spéciales.

 

 

8. Quelle est la différence entre l’EBE et l’EBITDA ?

 

L’EBITDA se rapproche de l’EBE ou Excédent Brut d’Exploitation. Mais, qu’entend-on vraiment par EBE ? Qu’est-ce qui différencie réellement l’EBE de l’Ebitda ?

 

 

Qu’est-ce que l’Excédent Brut d’Exploitation ?

L’Excédent Brut d’Exploitation, ou EBE en abrégé, est défini comme étant un indicateur de la ressource d’exploitation dégagée par une entreprise au cours d’une période d’activité déterminée. 

 

Plus précisément, il s’agit d’un solde intermédiaire de gestion montrant le cash-flow de l’entreprise. Il est souvent utilisé par les investisseurs ou les institutions bancaires dans le but d’analyser la rentabilité à venir d’une entreprise donnée. Cette analyse permet de déduire s’il est judicieux ou non de financer l’entreprise à différentes étapes de son évolution, mais surtout durant la phase de création.

 

 

Quand calcule-t-on l’EBE ?

Généralement, l’EBE se calcule au tout début du cycle de vie d’une entreprise, soit lors de sa création. Il apparaît dans le prévisionnel financier établi par le porteur de projet. À cette étape, le banquier étudiera cette métrique pour pouvoir répondre favorablement ou non à des besoins de financement. Mais, il est également calculé lors d’une reprise d’entreprise ou lors de la clôture de l’exercice comptable.

 

 

EBE et EBITDA : les principales nuances

Si l’EBE est considéré comme une équivalence approximative de l’EBITDA, c’est que des nuances existent entre ces deux indicateurs. En effet, la participation des salariés est exclue lors du calcul de l’EBE. Elle est déduite dans le cas de l’EBITDA. Ensuite, l’EBITDA tient compte des produits et des charges exceptionnels, alors que ces derniers sont exclus de l’EBE. 

 

Enfin, les provisions d’exploitation ne sont pas intégrées dans le calcul de l’EBITDA. Mais, les dotations et reprises de provisions sur stocks ainsi que les créances clients sont incluses dans le calcul de l’EBE.

 

 

Comment calcule-t-on l’EBE ?

L’EBE se calcule à partir du chiffre d’affaires. Du moins, c’est la manière la plus simple d’obtenir la valeur de cet indicateur.

 

  • La formule à appliquer est la suivante :

EBE = chiffre d’affaires (HT) – achats de marchandises (montant HT) – charges externes (montant HT) – impôts et taxes – coût de la masse salariale (salaires et charges sociales) + subventions d’exploitation.

 

  • Notez qu’il est possible de calculer également l’EBE à partir de la valeur ajoutée en utilisant cette formule :

EBE = Valeur ajoutée + Subventions d’exploitation – Charges de personnel – Impôts, taxes et versements assimilés.

 

  • Une troisième possibilité permet de calculer l’EBE à partir du résultat net de l’exercice. Il est alors calculé comme suit :

EBE = Résultat net + Charges financières – Produits financiers + Charges exceptionnelles – Produits exceptionnels + Dotation aux amortissements et aux provisions – Reprises sur amortissements et provisions – Autres produits d’exploitation + Autres charges d’exploitation.

 

Selon le résultat des calculs, l’EBE peut être positif ou négatif. S’il est positif, cela signifie que l’entreprise est rentable. 

 

Au contraire, une valeur négative montre que le chiffre d’affaires de l’entreprise n’est pas suffisant pour couvrir les coûts d’exploitation. Dans ce cas, on parle d’Insuffisance Brut d’Exploitation. Ce type de résultat renseigne sur une mauvaise gestion au niveau de l’entreprise ou des difficultés opérationnelles graves.

 

 

9. Quelle est la différence entre l’EBIT et l’EBITDA ?

 

On remarque également des similitudes entre les deux indicateurs EBIT et EBITDA. Quelles sont les principales caractéristiques de l’EBIT ? Qu’est-ce qui différencie ces deux notions ?

 

 

Qu’est-ce que l’EBIT ?

L’acronyme EBIT signifie Earnings Before Interest et Taxes. Il s’agit d’un indicateur permettant d’évaluer le résultat des activités d’exploitation sans prendre en compte les produits ni les charges issus des impôts et des intérêts. 

 

En d’autres termes, l’EBIT correspond au revenu net calculé indépendamment des charges fiscales et des frais d’intérêts. De ce fait, la valeur trouvée désigne seulement un résultat intermédiaire. 

 

D’ailleurs, l’EBIT fait partie des soldes intermédiaires de gestion (ou SIG en abrégé). Ces dernières permettent de comprendre comment on aboutit au résultat d’une entreprise. Aussi, la valeur de l’EBIT diffère largement du résultat net réel qu’on pourra trouver à la fin des calculs comptables.

 

 

EBIT et EBITDA : les principales nuances

L’EBIT ou Earnings Before Interest et Taxes se différencie de l’EBITDA par le fait qu’il prend en considération les provisions et les amortissements. Aussi, l’EBIT est défini comme étant le bénéfice réalisé par une entreprise avant déduction des intérêts et des impôts et taxes, après que les dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations sont déduites. De ce fait, la valeur de l’EBIT est toujours inférieure à celle de l’EBITDA.

 

Ensuite, les amortissements et les provisions intégrés dans le calcul de l’EBIT constituent des épargnes. Ils ont été acquis par l’entreprise au cours des années précédentes afin de poursuivre efficacement la production. Aussi, cet indicateur aide à évaluer la performance économique d’une entreprise tout en considérant la perte de valeur que peuvent engendrer ces facteurs durant la période définie.

 

 

Comment calcule-t-on l’EBIT ?

Pour calculer l’EBIT, il suffit de soustraire les dotations aux amortissements et provisions de l’Ebitda. Le résultat obtenu ne doit pas être confondu avec le bénéfice net. Il s’agit du résultat d’exploitation de l’entreprise.

 

La formule à utiliser est la suivante : EBIT = EBITDA - dotations aux amortissements et aux provisions pour dépréciation d’actifs. Mais, il est également possible d’opter pour cette formule : EBIT = résultat net + charges d’intérêts + impôts et taxes ± produits et charges exceptionnels.

 

 

10. Les limites de l’EBITDA

 

Même si l’EBITDA démontre une grande efficacité dans la mise en évidence de la profitabilité opérationnelle d’une entreprise, il possède néanmoins quelques limites. En effet, son utilisation fait appel à un ensemble d’analyse de performance découlant de la comptabilité anglo-saxonne. Aussi, sa pertinence est beaucoup plus marquée pour une société œuvrant dans l’international. Lorsque l’entreprise ne se situe pas dans ce contexte, l’EBITDA ne constitue plus un indicateur très pertinent pour une entreprise de petite taille.

 

Ensuite, l’EBITDA offre la possibilité de comparer plusieurs entreprises travaillant dans le même secteur d’activité. Si deux entreprises œuvrent dans deux secteurs différents, il faut se tourner vers d’autres indicateurs afin de dégager celle qui est la plus rentable. 

 

Il faut également savoir que cet indicateur n’est pas normalisé. Cela signifie que les composantes de l’EBITDA peuvent être définies de manière totalement arbitraire. Il ne possède pas de définition précise au niveau des normes comptables américaines GAAP et IFRS. 

 

Par conséquent, les calculs peuvent varier d’une entreprise à une autre en fonction des formules appliquées. Aussi, il faut redoubler de vigilance lorsqu’on utilise l’EBITDA à des fins de comparaison. Il se peut que les résultats obtenus nécessitent des retraitements afin de les normaliser et de faire ressortir des données exploitables.

 

Il faut noter également qu’un EBITDA positif ne signifie pas forcément que l’entreprise crée de la valeur. En effet, son calcul écarte les amortissements ou les frais de financement. Or, ces derniers peuvent impacter sur la profitabilité de l’entreprise. 

 

C’est le cas des sociétés opérant dans le secteur de l’industrie lourde. Les amortissements et les frais financiers sont très conséquents. Cela est dû au fait que les investissements sont pour la plupart du temps financés via une dette. Et, l’utilisation de l’EBITDA n’a pas lieu d’être dans le cas où les entreprises possèdent de grosses dettes. 

 

Cet indicateur est également jugé inadéquat si l’entreprise concernée réalise un renouvellement fréquent de matériels coûteux.

 

Enfin, un EBITDA positif ne constitue pas un outil suffisant pour évaluer la rentabilité globale de l’entreprise. Il sert seulement à isoler la rentabilité opérationnelle de cette entreprise en amont des traitements comptables.

 

 

11. Qu’est-ce que l’EBITDA ajusté ?

 

Rappelons que l’Ebitda demande un retraitement pour permettre une analyse précise de la valorisation d’une entreprise. À l’issue de ce processus, on obtient un EBITDA ajusté ou normalisé. Pour ce faire, les éléments exceptionnels doivent être retirés du calcul. Ce sont les coûts et les revenus extraordinaires.

 

Ces ajustements sont réalisés dans le but de supprimer l’impact de ces éléments sur l’EBITDA standard. Cette tâche requiert une attention particulière parce que chaque élément neutralisé doit être justifié de façon précise.

 

Voici une liste non exhaustive des éléments qui nécessitent un retraitement :

  • les stocks, les productions stockées et les encours ;
  • les loyers immobiliers ;
  • les salaires, les crédits d’impôts et les frais de confort ;
  • les amortissements et les crédits baux ;
  • les reprises, les provisions et les exceptionnels ;
  • les créances clients ;
  • la trésorerie ;
  • les dettes et le BFR…

 

Il est également nécessaire d’ajuster les revenus et les dépenses générées par des actifs inutiles. En effet, ces actifs ne sont pas utilisés dans le cadre de la gestion de l’entreprise. Si l’entreprise a effectué des dépenses pour ces actifs, il est important de les inclure dans les calculs afin de normaliser l’EBITDA.

 

 

12. Pour conclure

 

L’EBITDA est un outil utilisé par de nombreux investisseurs et chefs d’entreprise pour évaluer la rentabilité opérationnelle d’une entreprise. Il s’agit d’un indicateur qui se concentre sur l’essentiel en mettant de côté les frais d’intérêts, les amortissements, la dépréciation ainsi que les charges fiscales. 

 

Très utilisée dans la comptabilité anglo-saxonne, cette métrique constitue un outil de base pour les prises de décision dans le cadre d’un financement ou d’une cession entreprise. L’Ebitda entre en jeu dans le calcul de différents ratios et se décline en plusieurs variantes en fonction des secteurs activités. Toutefois, il possède des limites qui se rapportent surtout au fait de sa normalisation.

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