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Ubérisation de l'expertise comptable

Ubérisation de l'expertise comptable : comment faire évoluer sa profession ?

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Dès 2015, le Think tank Les moulins se posait la question de l’ubérisation de l’expertise comptable en percevant la transformation numérique de la société comme une véritable menace pour les missions traditionnelles de l’expert comptable. 

Pour autant, plutôt que de retenir une approche défaitiste, ils prennent ces bouleversements comme de véritables sources d'opportunités pour se concentrer sur du conseil, de développer de nouvelles missions et de cultiver l’interprofessionnalité. 

Ainsi, face au grignotage progressif des missions traditionnelles par l’ubérisation et l’automatisation, quelles sont les opportunités de l’expert comptable pour faire évoluer sa profession et générer une nouvelle source de chiffre d’affaires ?

 

 

Sommaire :

 

1. Qu’est-ce que l’ubérisation ?

2. En quoi l’expertise comptable est-elle concernée par l’ubérisation ?

  • a. L’automatisation des prestations comptables
  • b. L’importance de distinguer les cabinets en fonction de leur taille

3. La transformation digitale des cabinets d’expertise comptable

  • a. La mise en place d’outils digitaux pour doper la productivité
  • b. La mise en place d’une communication digitale adaptée

4. L’élargissement des offres du cabinet d’expertise comptable : une opportunité face à l’ubérisation ?

5. Le conseil en gestion de patrimoine pour développer l'activité de son cabinet

 

 

1. Qu’est-ce que l’ubérisation ?

 

L’ubérisation est un phénomène qui porte le nom de son instigateur le plus connu : Uber. Cette plateforme de service (ou marketplace) s’est imposée comme intermédiaire de confiance permettant de mettre rapidement en relation un prestataire de transport avec un consommateur en battant en brèche les problématiques d'expérience client des taxis (notamment le problème de mise en relation, mais aussi de paiement et de transparence sur le coût).

 

Ainsi, l’ubérisation trouve un terreau fertile dans un secteur de marché où :

  • la clientèle est déçue par l’offre existante ou la trouve trop chère au regard de la valeur proposée ;
  • le numérique peut faciliter l'expérience client et diminuer drastiquement les coûts grâce à l’automatisation des services (ressources capitalistiques) et/ou la mise en concurrence des acteurs traditionnels (ressources humaines).

 

De facto, les acteurs traditionnels se voient ainsi déposséder d’une partie de leur activité qui désormais est réalisée par un programme informatique. Ce dernier se contente alors d'uniformiser les services proposés en vue de rendre les prestataires substituables et d'établir une concurrence stricte par le prix.

 

 

2. En quoi l’expertise comptable est-elle concernée par l’ubérisation ?

 

On ne peut pas dire que la profession d’expert comptable ait subi de plein fouet l’arrivée d’un Uber de l’expertise comptable. Pour autant, les missions traditionnelles de l’expert comptable ont été grignotées par plein de nouveaux entrants s'appuyant principalement sur l’automatisation des tâches à faible valeur ajoutée. C’est le cas par exemple de la création et de l'enregistrement de sociétés, de l’édition de documents contractuels, de la saisie d'écriture comptable et de la création des livrables classiques de l’expert comptable (bilan, compte de résultat…). 

À cela s’ajoute l’arrivée de cabinets d’expertise comptable numérique, surfant sur l’automatisation pour réaliser des économies substantielles et ainsi proposer des prestations comptables low cost.

 

 

L’automatisation des prestations comptables

L’automatisation des prestations comptables traditionnelles ne date pas d’hier. Il s’agit en réalité d’un phénomène de longue date qui est venue bouleverser progressivement la profession. En effet, l'avènement des premiers ordinateurs annonçait déjà un bouleversement profond de la profession quant à la saisie par écrit des écritures et de l’édition des documents comptables automatisées.

 

Aujourd’hui, les prouesses du numérique et de l’intelligence artificielle viennent encore plus simplifier et automatiser ces tâches. Désormais, les technologies dites d’OCR (optical character recognition) sont capables de reconnaître une facture, identifier son émetteur (et de le contrôler pour éviter les fraudes au virement), le montant à payer et la date d'exigibilité, le tout en réalisant les écritures comptables adéquats dans le logiciel de comptabilité.

 

De plus, le tournant du numérique pris par l’administration (et notamment fiscale) prêche de plus en plus vers la télétransmission des informations fiscales (EDI) de sorte que la réalisation et la transmission d’une liasse fiscale peuvent se faire de manière entièrement automatisée. Il en va de même pour le secteur bancaire dont de plus en plus d’acteurs mettent en place des API pour connecter les logiciels comptables avec les comptes de l’entreprise et enregistrer automatiquement les flux de trésorerie. Avec ces technologies, les cabinets numériques n'hésitent plus à mettre leur client à contribution (généralement des entrepreneurs) en leur proposant une interface digitale intuitive pour leur faire réaliser le rapprochement bancaire par eux même et ainsi, baisser le coût des prestations.

 

 

L’importance de distinguer les cabinets en fonction de leur taille

Si la profession d’expert comptable a été indéniablement touchée par l’automatisation, il convient de distinguer son impact selon la taille des cabinets. En effet, selon une étude du conseil de l’ordre des experts comptables, plus le cabinet est de petite taille, plus la part des prestations comptable dans son chiffre d'affaires est importante.

 

Autrement dit, en partant du principe que les prestations de comptables “de base” ont été les plus automatisées, il est aisé de penser que ce sont les petits cabinets de petite taille (moins de 11 collaborateurs) qui sont les plus menacés par le vautour de l’ubérisation.

 

Pour autant, la profession n’est pas condamnée et dispose de nouveaux outils viables pour concentrer son activité vers des prestations à plus forte valeur ajoutée, quelle que soit la taille du cabinet.

 

 

3. La transformation digitale des cabinets d’expertise comptable

 

Sans forcément prendre le virage des cabinets numériques low cost, il est possible de résister au virage de l’ubérisation en adoptant une posture réaliste. L’objectif est simple : s’emparer de ces nouvelles technologies pour proposer plus de valeur ajoutée aux clients et s’imposer en tant que conseil de qualité plutôt que simple “exécutant” des obligations comptables et fiscales de l’entrepreneur.

 

 

La mise en place d’outils digitaux pour doper la productivité

L’appropriation des nouveaux outils comptables semble être une évidence pour optimiser les coûts de fonctionnement du cabinet et pouvoir le positionner sur les prestations traditionnelles avec une grille tarifaire compétitive. En effet, il existe bien évidemment une forte demande pour les prestations comptables de base qui dans de nombreux cas peuvent servir de produit d’appel pour de nombreux cabinets. L’idée étant donc de rester compétitif pour générer de l’acquisition client, quitte à proposer dans un second temps du conseil à forte valeur sur des sujets plus spécifiques (nous y reviendrons).

 

 

La mise en place d’une communication digitale adaptée

Le digital a développé de nouveaux canaux d’acquisition pour générer des clients et leur proposer des services selon leurs besoins. Par exemple, les acteurs de l’ubérisation des professions juridiques ont très vite compris qu’il était possible de capter du trafic sur leur site internet via les moteurs de recherche en se positionnant sur des mots clés stratégiques relatifs à la création d’une société. Aujourd’hui, l’essentiel de leur valorisation et de leur acquisition client tient à ces positions de choix sur les moteurs de recherche. Il est aussi possible de s’emparer des réseaux sociaux en intégrant des cercles d’entrepreneurs ou de développer l'interprofessionnalité au moyen de partenariats. Sur ce dernier point, sachez que lors de l'avènement des plateformes juridiques spécialisées dans la création de sociétés, certains experts comptables indépendants avaient eu l’idée de lier des partenariats avec ces plateformes pour capter la base de clients cherchant un accompagnement comptable en plus de la création de leur société.

 

D’autres méthodes permettent de valoriser sa clientèle existante à moindre coût en attirant l’attention sur l’étendue des missions que le cabinet peut réaliser. L’idée n’étant pas de capter de nouveaux clients, mais de valoriser la base de client existante. Cette stratégie peut être réalisée par la mise en place d’une newsletter, la réalisation de webinaires et d'évènements sur les problématiques entrepreneuriales…

 

Bref, l’idée étant de démontrer aux clients que vous êtes capables de les conseiller sur des problématiques bien plus larges qu’ils ne pouvaient l’imaginer. Mais cela implique de proposer et développer de nouvelles offres !

 

 

4. L’élargissement des offres du cabinet d’expertise comptable : une opportunité face à l’ubérisation ?

 

Depuis la promulgation de la loi Pacte et face à l’ubérisation, l’expert comptable peut (doit) s’emparer de nombreuses missions à titre accessoire qui jusqu’alors étaient réservées généralement à des professions réglementées :

  • des missions de recouvrement de créance et de paiement ;
  • des missions techniques telles que le conseil patrimonial, les cessions acquisitions…
  • des missions sectorielles en lien avec un secteur d’activité spécifique (BTP, immobilier…).

 

Il peut aussi s'orienter vers des missions plus traditionnellement attachées à sa formation initiale telle que les missions sociales, l’audit financier, le diagnostic stratégique, le dashboarding et reporting financier, commissariat aux comptes... 

 

 

5. Le conseil en gestion de patrimoine pour développer l'activité de son cabinet

 

Le conseil en gestion de patrimoine est certainement aujourd’hui une préoccupation clé de la plupart des entrepreneurs qu’ils soient encore au stade de la création de l’entreprise ou déjà à la tête d’une PME florissante. En effet, il n’est pas rare que la première demande spécifique de l’entrepreneur se concentre autour de l’optimisation de sa rémunération et c’est généralement à son expert comptable qu'il s'adresse.

 

Proposer du conseil en gestion de patrimoine permet alors à l’expert comptable d’aller plus loin dans l’accompagnement de ses clients et de développer une nouvelle source de chiffres d’affaires sur la durée.

 

Cependant, le développement de ce type de mission nécessite de structurer son cabinet en conséquence et surtout d’acquérir les compétences nécessaires. En effet, le conseil en gestion de patrimoine s'éloigne de la formation initiale de l’expert comptable, sans pour autant être totalement étranger.

 

Pour développer rapidement cette offre à forte valeur ajoutée, l’expert comptable peut alors se doter d’un outil spécialisé tel que kwiper permettant notamment d’automatiser la création d’audits patrimoniaux et d’établir les stratégies patrimoniales sur mesure de ses clients.

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