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La valeur ajoutée, qu’est-ce que c’est ?

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Tout bon gérant ou dirigeant doit maîtriser les différentes notions utilisées en comptabilité et finance de l’entreprise. En effet, il existe bon nombre de ratios et indicateurs à connaître (marge brute, valeur ajoutée, EBE, fonds de roulement…). 

 

À travers ce guide, nous fournissons tout ce qui est à savoir sur la valeur ajoutée (VA). Il s’agit en général d’un indicateur de richesse produite par l’entreprise au cours du processus de production. Nous allons entrer dans les détails ci-dessous en répondant à de nombreuses questions. 

 

Qu’est-ce que la valeur ajoutée d’une entreprise ? Comment ce ratio est-il perçu selon la nature de la structure ? Comment calculer la valeur ajoutée ? À quoi sert-elle exactement ? Comment sera-t-elle répartie ? Quelle est la différence entre la valeur et la valeur ajoutée ? Est-ce qu’il s’agit d’un indicateur macroéconomique ? Comment est-il interprété et analysé par l’expert-comptable ?

 

 

Sommaire :

 

1. La valeur ajoutée : définition

  • a. Définition selon l’INSEE
  • b. Définition en comptabilité

2. La perception de la valeur ajoutée selon la nature de l’entreprise

3. Le calcul de la valeur ajoutée

  • a. Calcul de la VA à partir des comptes de produits et de charges
  • b. Calcul de la VA à partir de la marge commerciale
  • c. Calcul de la VA à partir du compte de résultat
  • d. Exemple concret de calcul de valeur ajoutée

4. La valeur ajoutée, un solde intermédiaire de gestion (SIG)

5. À quoi sert la valeur ajoutée pour l’entreprise ?

  • a. Un indicateur de richesse
  • b. En cas de cession ou de reprise d’entreprise
  • c. Un élément facilitant les prises de décisions

6. La répartition de la valeur ajoutée en entreprise

  • a. Les diverses utilisations de la VA
  • b. Les éventuelles contraintes

7. Création de valeur pour le client : différence entre valeur et valeur ajoutée

8. L’importance de la valeur ajoutée dans le calcul du produit intérieur brut (PIB)

9. Différence entre valeur ajoutée brute et valeur ajoutée nette

  • a. VA brute vs VA nette
  • b. La VA, un enjeu macroéconomique et fiscal

10. Interprétation de la valeur ajoutée

  • a. Le ratio charges de personnel/valeur ajoutée
  • b. Variation de la marge brute
  • c. Variation des consommations intermédiaires

11. Optimisation de la valeur ajoutée de l’entreprise

12. Analyse de cet indicateur économique

  • a. La VA est trop faible
  • b. La VA est élevée
  • c. Savoir si la VA est suffisamment élevée

13. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

14. Résumé

 

 

 

1. La valeur ajoutée : définition

 

Voyons ci-dessus la définition de la valeur ajoutée selon l’INSEE d’une part et en comptabilité d’autre part.

 

 

Définition selon l’INSEE

L’INSEE donne une définition plus technique de la valeur ajoutée. D’après cet organisme public, la VA se définit comme le solde du compte de production, elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.

 

Elle représente donc la différence entre la valeur finale d’un produit et la valeur des biens consommés durant les étapes de production (les matières premières et les fournitures par exemple).

 

Autrement dit, la VA constitue une valeur supplémentaire qu’un agent économique ajoute aux biens et services intermédiaires fournis par des tiers. Il est possible de calculer la valeur ajoutée d’une entreprise, d’un organisme d’administration publique ou d’une association.

 

 

Définition en comptabilité

En comptabilité, la valeur ajoutée correspond à un solde intermédiaire de gestion (SIG). Elle reflète la richesse brute générée par la société pour un seul cycle d’exploitation. Elle permet de comprendre l’état de santé financière d’une structure. 

 

En réalité, au sein d’une entreprise, la matière première subit une transformation ou une action pour gagner ensuite en valeur. Un consommateur sera ensuite prêt à en payer un prix supérieur à son coût initial.

 

Il convient de préciser que la valeur ajoutée et le bénéfice constituent deux indicateurs bien distincts. D’un côté, la VA est la richesse générée, servant à rémunérer les divers acteurs contribuant à la production (les salariés, les banques et l’État). De l’autre côté, le bénéfice est ce qui reste à la société après la déduction des charges, des impôts et taxes. Ce profit permet de payer les actionnaires et de bénéficier d’un autofinancement.

 

 

2. La perception de la valeur ajoutée selon la nature de l’entreprise

 

La perception de la valeur ajoutée n’est pas la même pour une entreprise artisanale ou industrielle, un commerce et une société de services. Au sein d’une entreprise artisanale ou industrielle, la VA tient compte de tous les produits et de toutes les matières consommées. Ainsi, la structure complètera ses ventes par sa production non vendue.

 

Par contre, pour un commerce, le stock de marchandises achetées, mais non vendues sera valorisé davantage. Néanmoins, les marchandises non vendues ne permettront pas de rémunérer les salariés. Par ailleurs, les produits finis pourraient comprendre le savoir-faire de l’entreprise.

 

Dans le cadre d’une entreprise de service, la VA est légèrement différente. Elle est notamment équivalente au chiffre d’affaires. Par exemple, la production d’un conseil résulte de la transformation d’idées issues d’un employé. Ces idées coûtent 0 euro, d’où la VA est égale au chiffre d’affaires. 

 

Cependant, il est aussi possible de considérer que ces idées ont un coût. En effet, le conseiller a dû suivre des études et des formations spécifiques afin de les avoir.

 

 

3. Le calcul de la valeur ajoutée

 

Comment calculer la valeur ajoutée ? Cet indicateur financier peut être déterminé de plusieurs façons à partir de la comptabilité d’une entreprise. Il sera calculé pour une période donnée, en l’occurrence un exercice comptable.

 

 

Calcul de la VA à partir des comptes de produits et de charges

L’expert-comptable peut calculer la valeur ajoutée à partir des comptes de produits (70, 71 et 72) et des comptes de charges (60, 61 et 62). Il suffit ainsi de reprendre les données dans la comptabilité de l’entreprise.

 

On obtient donc la formule suivante :

VA = Comptes de produits 70,71 et 72 – Comptes de charges 60, 61 et 62

 

 

Calcul de la VA à partir de la marge commerciale

Le calcul de la valeur ajoutée peut s’effectuer à partir de la marge commerciale de l’entreprise. En effet, si la marge commerciale et la production de l’exercice sont déjà déterminées, il reste à calculer les consommations intermédiaires. Ces dernières incluent l’ensemble des comptes d’achats ainsi que les autres achats et charges externes (sauf les comptes se rapportant aux marchandises).

 

La formule obtenue est comme suit :

VA = Marge commerciale + Production de l’exercice – Consommations intermédiaires

 

Avec Consommations intermédiaires = Comptes de charges 60 (sauf 607 + 6087 + 6097 ± 6037) + Comptes de charges 61 + Comptes de charges 62

 

Production de l’exercice = Comptes 70 « Production Vendue » + Comptes 71 « Production stockée » + Comptes 72 « Production immobilisée »

 

 

Calcul de la VA à partir du compte de résultat

Il est également possible de calculer la VA à partir du compte de résultat de l’entreprise, mais cela est un peu plus compliqué.

 

La formule utilisée est la suivante :

 

VA = Résultat net + Charges exceptionnelles – Produits exceptionnels + Charges financières – Produits financiers + Autres charges – Autres produits + Charges de personnel + Impôts, taxes et versements assimilés + Dotations aux amortissements et aux provisions – Reprises sur amortissements et provisions + Impôts sur les bénéfices

 

 

Exemple concret de calcul de valeur ajoutée

Voyons un simple exemple de valeur ajoutée et son calcul. Dans un petit restaurant, un cuisinier prépare une soupe au poulet. Le coût des ingrédients utilisés (poulet, pâtes alimentaires, herbes…) s’élève à 10 euros. Le cuisinier puise dans son savoir-faire pour transformer ces ingrédients en soupe. Le restaurant vend ensuite la soupe à 20 euros. Grâce à cette activité, la valeur du produit passe de 10 euros (valeur des ingrédients) à 20 euros (valeur de la soupe). Le restaurant profite donc d’une valeur ajoutée de 10 euros.

 

En effet, la valeur ajoutée est égale à la différence entre la valeur finale du produit et la valeur des biens utilisés à la production (consommations en provenance de tiers). Concrètement, en entreprise, le calcul de la valeur ajoutée s’avère plus complexe, car il prend en compte plus d’éléments, notamment ses différents produits et charges. Pour éviter les erreurs comptables, l’idéal est de laisser à un expert-comptable le soin de l’effectuer.

 

 

4. La valeur ajoutée, un solde intermédiaire de gestion (SIG)

 

En comptabilité, la valeur ajoutée d’une entreprise figure parmi les soldes intermédiaires de gestion. Elle aide à déterminer les processus créateurs de valeur au sein d’une société. Sa création permet d’ailleurs de mesurer la performance d’une entreprise et d’optimiser en conséquence son modèle économique et sa rentabilité.

 

À partir de la VA, il est possible de calculer certains ratios financiers :

  • Taux de valeur ajoutée = Valeur ajoutée/Chiffre d’affaires hors taxes
  • Taux de rendement des capitaux investis = Valeur Ajoutée/Actifs productifs bruts
  • Productivité du travail = Valeur Ajoutée/Charges de personnel

 

Notons qu’il existe au total neuf SIG qui décomposent la formation du résultat de l’entreprise. Leur calcul s’effectue étape par étape sur la base des informations comptables. Ces indicateurs financiers sont :

  • la production de l’exercice ;
  • la marge commerciale ;
  • la valeur ajoutée ;
  • l’excédent brut d’exploitation ;
  • le résultat d’exploitation ;
  • le résultat financier ;
  • le résultat courant avant impôt ;
  • le résultat exceptionnel ;
  • le résultat de l’exercice.

 

Ainsi, en produisant un tableau de soldes intermédiaires de gestion, un professionnel peut automatiquement déterminer la VA.

 

 

5. À quoi sert la valeur ajoutée pour l’entreprise ?

 

Pourquoi calculer la valeur ajoutée d’une société ? En pratique, cette opération est utile aussi bien pour les dirigeants que pour les acquéreurs ou repreneurs potentiels et pour l’État.

 

 

Un indicateur de richesse

La VA constitue un indicateur qu’un dirigeant peut s’en servir afin de mesurer la richesse brute créée par son entreprise. Il est possible de la calculer par produits ou par secteurs d’activités. C’est d’ailleurs une donnée universelle et macroéconomique utilisée pour comparer les performances des entreprises du même secteur d’activité. 

 

De plus, elle sert à les classer selon un critère de taille. Elle fait partie des indicateurs clés reflétant l’activité d’une structure. Dans ce sens, chaque secteur d’activité devrait avoir un niveau de valeur ajoutée servant de référence. 

 

Une valeur ajoutée d’une entreprise inférieure à cette référence devrait alerter le dirigeant. Dans ce cas, il est essentiel de vérifier le coût des consommables et/ou le prix de vente pratiqué.

 

 

En cas de cession ou de reprise d’entreprise

Dans le cadre d’une cession ou de reprise d’entreprise, les candidats acquéreurs ou repreneurs ont tendance à vérifier la VA produite par l’entreprise en premier lieu. Cela leur permet de prendre facilement les bonnes décisions. En effet, la VA les aide à savoir la capacité de l’entreprise à produire des bénéfices. Si la société a de nombreuses activités, elle a la possibilité d’effectuer des calculs de VA par segment. 

 

Cette méthode convient aussi à une structure ayant une comptabilité décomposée par catégorie de produits ou de services. Ainsi, il est plus simple de déterminer les sources majeures de création de valeur. Précisons que la VA sert également à évaluer la croissance ou la régression des activités de la société.

 

 

Un élément facilitant les prises de décisions

Il est essentiel de déterminer la richesse réellement produite par une structure, grâce aux facteurs de production (travail et capital). Cela aide la direction à prendre des décisions et à faire des choix pour l’avenir de l’entreprise et de ses parties prenantes (employés, banquiers, actionnaires, etc.). En effet, lorsque la VA est déterminée, celle-ci doit être répartie de manière stratégique.

 

 

6. La répartition de la valeur ajoutée en entreprise

Une fois la valeur ajoutée déterminée, le dirigeant doit définir comment celle-ci sera répartie entre les parties prenantes de la société. Voyons plus d’explications ci-dessous.

 

 

Les diverses utilisations de la VA

Grâce à la valeur ajoutée aux biens vendus, une entreprise est en mesure de rémunérer les différents participants à la production. Elle pourra ainsi :

 

  • payer les salaires des employés en contrepartie de leur travail ;
  • régler les impôts et les taxes en échange des services à la collectivité (chômage, retraite, maladie, voirie, éducation…) ;
  • verser les intérêts des prêts souscrits auprès des banques ;
  • payer les dividendes aux actionnaires afin de rémunérer leurs apports en capital.

 

Le reliquat de VA servira à autofinancer l’entreprise pour qu’elle puisse se développer et s’agrandir.

 

 

Les éventuelles contraintes

Le partage de la valeur ajoutée est parfois une source de confusion et d’équivoque au sein d’une société. Chaque acteur participant à la production souhaite obtenir la part la plus importante au détriment des autres. Par exemple, les employés réclament une augmentation de salaire, même si cela n’est pas adéquat au contexte économique général. Les actionnaires veulent bénéficier d’une rentabilité optimale de leurs investissements.

 

Ainsi, l’entreprise fait face à un véritable dilemme. Le dirigeant doit réaliser un choix stratégique selon les objectifs à atteindre. Il est possible de payer plus les salariés (ou les actionnaires) ou encore d’augmenter la capacité d’autofinancement de la structure. Dans cette circonstance, il est important de se faire conseiller et accompagner par un expert-comptable.

 

Il est d’ailleurs à préciser qu’une société ne peut aucunement agir sur deux postes de répartition de la VA. Ce sont les rémunérations à verser à l’État (les impôts et taxes hors impôts sur les sociétés) et aux banques (intérêts des emprunts).

 

 

7. Création de valeur pour le client : différence entre valeur et valeur ajoutée

 

À la différence de la valeur ajoutée, la valeur est associée au prix qu’un consommateur est prêt à payer pour un service ou un bien. Ainsi, même sans rien faire (transformation du bien A en bien B), la création de valeur est possible, le client étant prêt à débourser plus aujourd’hui par rapport au dernier coût du produit moins élevé.

 

Par exemple, un terrain à bâtir localisé à une trentaine de kilomètres de Paris se vend cinq fois plus aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Cependant, le propriétaire n’a essentiellement rien fait. Il profite en effet de la création de valeur, grâce à l’attractivité de la localité. C’est particulièrement dans la spéculation en bourse que l’on rencontre une fluctuation de valeur.

 

Voyons un autre exemple de création de valeur. Une personne souhaite se relaxer. Pour cela, elle est prête à payer 15 euros pour qu’on lui fasse un massage. Cet individu valorise à 15 euros donc le service fourni pour le détendre. Dans ce cas, la création de valeur dépend de plusieurs critères, notamment la confiance, le niveau d’urgence, l’offre et la demande, etc.

 

Ainsi, la valeur proprement dite est plus difficile à comprendre et à mesurer. Elle est liée à l’état du marché. Elle pourrait aussi être le temps gagné, le savoir-faire et les économies d’argent réalisées. 

 

Néanmoins, en comptabilité et finance d’entreprise, la valeur ajoutée est employée pour mesurer cette création de valeur. En règle générale, toute entreprise produit de la valeur en se servant d’un savoir-faire pour fabriquer un produit ou rendre un service.

 

 

8. L’importance de la valeur ajoutée dans le calcul du produit intérieur brut (PIB)

 

La VA constitue une importante donnée macroéconomique. En effet, en additionnant les VA générées par les agents économiques d’un même pays, l’expert obtient le PIB (Produit Intérieur Brut). Le pays peut ainsi être défini comme un acteur économique produisant à son tour de la valeur correspondant notamment à son PIB.

 

Dans le calcul du PIB d’un pays, les valeurs ajoutées de tous les agents économiques privés, publics et associatifs sont prises en compte. À leur somme, l’expert ajoute la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), ainsi que les taxes sur divers produits particuliers (alcool, tabac et produits importés). En contrepartie, les subventions versées par l’État devraient y être déduites.

 

La formule utilisée est comme suit :

PIB = somme des Valeurs Ajoutées des agents économiques + Taxe sur Valeur Ajoutée + Droits et Taxes sur les importations – Subventions sur les produits

 

À titre informatif, il est possible de restructurer le PIB en plusieurs composantes dans le cadre de l’analyse du fonctionnement d’une économie. Les experts distinguent donc trois approches de calcul du PIB (par la production, par la demande et par les revenus). Notons que la richesse produite par un pays permet de former les ressources servant à alimenter la demande.

 

Avec l’approche par la production, les experts calculent ainsi le PIB d’un pays à partir des valeurs ajoutées des agents économiques. Notons que la méthode de calcul de VA pour les entreprises et pour les organismes publics et les associations n’est pas la même. Les experts estiment la VA d’un organisme public ou d’une association par les coûts nécessaires à la production (dépenses, salaires…). Elle correspond à la différence entre la valeur de la production non marchande et la valeur des consommations intermédiaires.

 

 

9. Différence entre valeur ajoutée brute et valeur ajoutée nette

 

Qu’est-ce qui distingue la valeur ajoutée brute de la valeur ajoutée nette ? Tout dirigeant devrait savoir la différence entre ces deux indicateurs financiers afin de mener à bien l’analyse de performances d’une entreprise.

 

 

VA brute vs VA nette

La VA est dite « brute », lorsque celle-ci ne prend pas en compte les dotations aux amortissements (présents sur le bilan, notamment à l’actif). En revanche, la VA est définie « nette », lorsque les dotations aux amortissements entrent dans son calcul.

 

VA brute = Chiffre d’affaires – Consommations intermédiaires

VA nette = Chiffre d’affaires – Consommations intermédiaires – Amortissements

 

En effet, la VA permet de financer les amortissements. Ces derniers n’engendrent pas de flux financiers, mais ils ont un impact sur le résultat de l’entreprise. Ils figurent dans le bas d’un compte de résultat, juste avant le bénéfice avant charges financières et impôts.

 

Prenons l’exemple de l’achat d’une machine-outil dans une entreprise industrielle. En comptabilité, il s’agit d’un investissement. Dans ce cas, la machine sera amortie sur une longue période, en échéances (mensuelles ou annuelles). Cet amortissement est ainsi considéré comme une charge pour l’entreprise.

 

 

La VA, un enjeu macroéconomique et fiscal

La valeur ajoutée constitue avant tout un enjeu macroéconomique et fiscal. Depuis de nombreuses années, la TVA représente une grande partie du budget de l’État. Par contre, sur le plan microéconomique, la VA intègre peu les calculs de valorisation et rentabilité d’une entreprise. Les professionnels préfèrent utiliser le Résultat Brut d’Exploitation (RBE) et l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE).

 

Cependant, analyser la valeur ajoutée permet d’avoir une idée globale de la richesse brute d’une structure. Cette donnée financière est notamment nécessaire lors des négociations de cession, de rachat ou de transmission d’une société. C’est d’ailleurs un élément de communication interne et externe.

 

 

10. Interprétation de la valeur ajoutée

 

La valeur ajoutée figure parmi les principaux indicateurs économiques composant le tableau des soldes intermédiaires de gestion. Cet outil permet de piloter efficacement l’activité d’une entreprise. Comment un expert-comptable interprète-t-il cet indicateur financier ?

 

 

Le ratio charges de personnel/valeur ajoutée

Le ratio charges de personnel/valeur ajoutée (productivité du travail) peut être analysé pendant les derniers exercices. Il peut aussi être comparé à celui des autres entreprises appartenant à un même secteur d’activité. Cela offre au dirigeant l’occasion d’évaluer la capacité de résistance de son entreprise face à la concurrence.

 

En pratique, ce ratio financier évolue selon certains éléments fondamentaux, en l’occurrence :

  • la qualification des salariés ;
  • le mode d’organisation de l’entreprise ;
  • le nombre d’heures de travail ;
  • le niveau de modernisation de la structure (utilisation ou non d’outils numériques au travail).
  •  

Une VA trop faible prouve ainsi que la société est en difficulté financièrement et maîtrise mal son activité. Notons qu’il est possible, pour des entreprises de négoce ou des entreprises industrielles à technologie simple, de tomber en faillite à cause d’une chute régulière de leur VA. C’est pourquoi il est important de suivre minutieusement cet indicateur économique.

 

 

Variation de la marge brute

Une variation de la marge brute a un impact sur le niveau de la valeur ajoutée d’une entreprise. Celle-ci est due à un problème conjoncturel ou structurel. Elle peut également être liée à une défaillance dans la politique interne de la société ou bien à des facteurs externes (notamment le marché).

 

Il est à noter que la VA d’une entreprise tient compte des ventes et des éléments entrant dans le processus de production (les consommations en provenance de tiers). En effet, il est essentiel de trouver la solution adaptée à la situation. Rappelons que la marge brute est la somme de la marge commerciale et la marge de production ou production de l’exercice.

 

 

Variation des consommations intermédiaires

Une variation des consommations intermédiaires peut faire augmenter ou diminuer la VA d’une entreprise. Celle-ci est souvent consécutive à une dépendance envers un fournisseur.

 

Dans ce cas, si un fournisseur applique une augmentation de prix, l’entreprise devra trouver une offre plus compétitive sur le marché. Il est de mise de faire jouer la concurrence. Notons cependant qu’une structure ne peut pas toujours contrôler les charges, notamment les matières premières et les fournitures.

 

Une variation de consommations intermédiaires peut également être liée au recours plus important à la sous-traitance. Ainsi, la société devrait faire attention au coût des services de sous-traitance. Ce coût devrait être inférieur au coût salarial qui aurait été acquitté si l’activité a été internalisée. Par ailleurs, les consommations intermédiaires augmentent, lorsque le dirigeant choisit de louer une partie des immobilisations.

 

 

11. Optimisation de la valeur ajoutée de l’entreprise

La valeur ajoutée d’une entreprise peut être optimisée en augmentant la marge brute de l’entreprise ou en diminuant les consommations intermédiaires. Un expert-comptable peut réduire les charges globales d’une société en analysant poste par poste les charges. Pour les fournitures de bureau par exemple, il est possible d’effectuer un contrôle interne des quantités consommées. Cela permet de détecter les dérives et de les réduire, voire les supprimer.

 

Il est également possible de réaliser des économies liées aux postes de charges en assurant les négociations auprès des fournisseurs. Il est important de savoir mettre en concurrence ses fournisseurs partenaires afin d’obtenir les meilleurs prix. Privilégier les contrats à long terme permet aussi de bénéficier de tarifs avantageux.

 

Par ailleurs, une entreprise peut réduire les charges externes en procédant à l’internalisation de certaines activités. Pour savoir s’il est rentable d’internaliser une activité, il est essentiel de comparer le coût d’externalisation avec le coût salarial en interne. Ce dernier doit tenir compte des éventuels coûts de fonctionnement liés à l’internalisation.

 

Inversement, externaliser une partie des activités de l’entreprise peut faire baisser certaines charges. L’important est de choisir l’option (internalisation ou externalisation) permettant d’alléger les dépenses.

 

 

12. Analyse de cet indicateur économique

 

Avec l’aide d’un expert-comptable, un entrepreneur peut analyser la valeur ajoutée de son entreprise. Ce travail lui permet de se rendre compte du niveau de performance de sa structure.

 

 

La VA est trop faible

Une valeur ajoutée trop faible devrait alerter le dirigeant, car celle-ci atteste d’une mauvaise santé financière pour son entreprise. Le cycle de production comporte peut-être une faille. En effet, ce ratio financier peut se retrouver à un niveau particulièrement faible, lorsque la marge brute est trop faible ou que les charges sont trop élevées. Les prix de vente des produits ou services pratiqués ne sont pas, par exemple, adaptés à la réalité du marché. Le coût des matières premières peut également revenir trop cher.

 

 

La VA est élevée

Ce ratio financier doit être suffisamment élevé afin de couvrir les autres charges de la structure, en l’occurrence :

  • les salaires du personnel ;
  • les impôts et taxes ;
  • les intérêts des emprunts bancaires ;
  • les dividendes des actionnaires.

 

En effet, une valeur ajoutée élevée montre que le cycle d’exploitation génère réellement de la richesse.

 

 

Savoir si la VA est suffisamment élevée

Afin de vérifier qu’une entreprise a un niveau de valeur ajoutée suffisant, le dirigeant peut se référer aux données financières de son secteur d’activité. La fédération de chaque secteur estime une valeur ajoutée moyenne permettant aux entreprises d’évaluer sa position par rapport à la concurrence. Ainsi, elles peuvent assurer un pilotage efficace de leur activité.

 

 

13. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

 

Il convient d’évoquer la notion de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises dans ce guide. Il s’agit d’une taxe assujettie aux entreprises redevables remplissant deux conditions. Elles exercent leurs activités au 1er janvier de l’année d’imposition et elles réalisent un chiffre d’affaires hors taxes supérieur à 152 000 euros.

 

Comment est calculée la CVAE ? Cette taxe est déterminée selon le chiffre d’affaires réalisé et la valeur ajoutée créée par l’entreprise. En effet, le taux de calcul de la CVAE est progressif selon le chiffre d’affaires (CA) d’une entreprise :

  • au-dessous de 500 K euros : 0 % ;
  • entre 500 K et 3 M d’euros : 0,25 % x (CA – 500 K)/ 2,5 M ; 
  • entre 3 M et 10 M d’euros : 0,25 % + 0,45 % x (CA – 3 M)/ 7 M ;
  • entre 10 M et 50 M d’euros : 0,7 + 0,05 % x (CA – 10 M)/ 40 M ;
  • au-delà de 50 M d’euros : 0,75 %.

 

L’assiette de calcul de la CVAE correspond à la valeur ajoutée (différence entre les produits à retenir et les charges imputables). Le plafond de cette assiette est de 80 % du CA (inférieur ou égal à 7,6 millions d’euros) ou 85 % du CA (supérieur à 7,6 millions d’euros).

 

 

14. Résumé

 

La valeur ajoutée représente la richesse produite par une entreprise dans le cadre de son activité. Elle peut être perçue de manière différente selon la nature de la structure (artisanale, industrielle, commerciale…). Il s’agit de la différence entre la production et les consommations intermédiaires. Il est possible de calculer cette valeur ajoutée à partir de différents éléments de la comptabilité, en l’occurrence :

  • les comptes des produits et les comptes des charges ;
  • la marge commerciale ;
  • le résultat de l’exercice ;
  • le tableau des soldes intermédiaires de gestion.

 

Une fois la valeur ajoutée calculée, l’entreprise doit procéder à sa répartition entre les agents économiques participant à la production. Ces acteurs sont les salariés, l’État, les banques et les actionnaires. S’il y a un reliquat de la VA, celui-ci servira à autofinancer la structure.

 

La VA est un indicateur microéconomique essentiel permettant au dirigeant de faire des choix stratégiques en termes d’investissement et de financement. C’est aussi un indicateur macroéconomique entrant dans le calcul du PIB d’un pays. Ce ratio financier constitue d’ailleurs l’un des neuf soldes intermédiaires de gestion (SIG). Selon le niveau et le taux de croissance annuelle de cette VA, le dirigeant peut mesurer la performance et le développement de son entreprise.

 

En effet, une VA trop faible peut indiquer la présence d’un problème au niveau du cycle de production de la structure. Par contre, une VA élevée offre la possibilité à l’entreprise de couvrir convenablement ses autres charges (salaire, impôts et taxes, dividendes et intérêts des emprunts). Ce ratio est suffisamment élevé, lorsqu’il est supérieur à la moyenne sectorielle calculée par la fédération correspondante.

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